La douleur aux côtes, qu’elle surgisse au début ou vers la fin de la grossesse, fait partie de ces compagnons de route dont les femmes enceintes se passeraient bien. Souvent, elle s’installe du côté droit, comme une gêne vive, parfois tranchante, logée juste sous les côtes. D’où vient-elle ? Et surtout, que faire pour la rendre moins envahissante au quotidien ?
Quels organes se trouvent sous les côtes ?
Juste sous les dernières côtes, le diaphragme s’étend comme une frontière musculaire : ses deux dômes séparent l’espace thoracique de la cavité abdominale. Au-dessus, les poumons. En dessous, toute la vie des viscères digestifs. Sur le côté droit, le foie prend ses aises. À gauche, on trouve la rate, l’estomac et le dos. Pourtant, ces organes sont rarement responsables des douleurs ressenties sous les côtes pendant la grossesse. La cause se cache ailleurs.
Pourquoi la douleur sous les côtes apparaît-elle chez la femme enceinte ?
Souvent, ces douleurs apparaissent sans choc ni accident. Leur apparition, bien que fréquente, n’a rien d’alarmant. L’explication se trouve dans la croissance de l’utérus, qui prend toujours plus de place, parfois au point de venir comprimer la partie inférieure des côtes. Le bébé, en grandissant, n’hésite pas à bousculer un peu l’ordre établi.
Le bébé pousse sous les côtes
Fréquemment, la douleur sous les côtes s’intensifie en position assise. Elle devient encore plus marquée lors des mouvements du bébé, surtout vers la fin de la grossesse, quand l’espace commence à manquer. Prendre une profonde inspiration peut aussi accentuer la gêne. Heureusement, cette sensation désagréable disparaît souvent lorsque l’enfant se retourne, généralement à l’approche de la naissance. D’ici là, la gêne peut vraiment devenir pesante, voire handicaper certaines futures mamans dans leur quotidien.
Les muscles intercostaux mis à l’épreuve
Parfois, la douleur s’apparente davantage à une contracture musculaire. Entre chaque côte, des muscles, les intercostaux, entrent en action à chaque respiration. Une tension excessive ou une sollicitation inhabituelle peut causer une douleur localisée, plus rare mais bien réelle.
L’appendice xiphoïde, ce grand oublié
Encore plus rarement, l’extrémité de l’os du sternum, le xiphoïde, devient douloureuse sous la pression. On parle alors de xiphodynie. Pendant la grossesse, cette zone peut devenir sensible, voire inflammée. Dans ce cas, les anti-inflammatoires étant déconseillés, les solutions médicales sont limitées.
Douleurs de compensation liées à la grossesse
Autre situation fréquente : la posture change, le dos compense, et d’autres douleurs, lombaires, sacrum, sciatiques ou ligaments, viennent s’ajouter à la fête. Ces déséquilibres posturaux modifient la façon dont la cage thoracique est sollicitée, ce qui peut accentuer les douleurs aux côtes.
Attention à la prééclampsie
Dans de rares cas, la douleur peut signaler un problème plus sérieux, comme un trouble hépatique ou une prééclampsie. Généralement, la douleur est alors abdominale, mais il vaut mieux signaler tout symptôme inhabituel à sa sage-femme ou à son médecin. En cas de choc, de douleur aigüe qui gêne la respiration ou de suspicion de fracture, mieux vaut consulter rapidement.
Comment soulager la douleur aux côtes pendant la grossesse ?
Pour les femmes enceintes qui souffrent de douleurs thoraciques, la médication n’est pas la norme. Les anti-inflammatoires sont à écarter, car l’inflammation n’est pas le déclencheur ici. Parfois, un médecin pourra recommander du paracétamol, mais il existe des alternatives concrètes pour alléger la gêne sans médicament.
Prendre le temps de s’allonger
Première étape pour gagner un peu de confort : s’autoriser à s’allonger plusieurs fois par jour, afin de libérer de l’espace pour le ventre. Limitez les périodes assises trop longues. Allongée sur le dos, un coussin sous les genoux, la respiration se fait plus profonde et la pression sur les côtes s’atténue. Mais attention, l’activité physique reste bénéfique pendant la grossesse : cette astuce doit rester ponctuelle, ou réservée aux moments où la douleur se fait trop vive.
Mobiliser la cage thoracique
Pour détendre la zone, mobiliser les bras et étirer la cage thoracique peut faire la différence. Tendez les bras, l’un après l’autre si besoin, en inspirant profondément, sans forcer jusqu’à la douleur. Cette mobilisation contribue à assouplir les côtes et à réduire la sensation de pression.
Relâcher le diaphragme
Le diaphragme, ancré aux côtes inférieures et au sternum, peut lui aussi devenir source de tension. Pour l’aider à se détendre, allongez-vous, genoux pliés, mains sur le ventre. Respirez lentement, en laissant votre ventre se soulever à chaque inspiration. Une douzaine de cycles, trois fois d’affilée, et souvent la douleur s’apaise en quelques minutes seulement.
Étirement des muscles intercostaux
Quand la douleur se loge dans un côté, l’étirement ciblé aide à relâcher la tension. Assise, levez un bras au-dessus de la tête pour étirer un côté de la poitrine, puis penchez doucement votre buste. Changez de côté. Répétez plusieurs fois, sans jamais aller jusqu’à l’inconfort. Pratiqués régulièrement, ces exercices sont efficaces pour atténuer la douleur.
Le ballon de grossesse, un allié polyvalent
Le ballon de grossesse s’impose comme une aide précieuse dans de nombreux cas. Il permet de soulager les douleurs lombaires et d’améliorer la mobilité du bassin grâce à des mouvements circulaires doux. Pour le haut du corps, il offre aussi la possibilité de détendre la poitrine et de limiter la pression sur les côtes. Privilégiez un modèle conçu pour les femmes enceintes, souvent accompagné de conseils d’utilisation adaptés.
Des exercices à faire chez soi
Des mouvements inspirés du yoga prénatal peuvent également apporter un soulagement appréciable et renforcer la mobilité de la cage thoracique.
L’ostéopathie face à la douleur
Quand les gestes du quotidien et les exercices ne suffisent plus, l’ostéopathie peut offrir une solution concrète pour atténuer les douleurs aux côtes pendant la grossesse. Par des manipulations douces, adaptées à la future maman et à son bébé, l’ostéopathe travaille sur la mobilité des côtes, du diaphragme, de la colonne et des viscères. Cette approche globale, sécurisée, cible la détente des zones tendues et la restauration du mouvement. Il faut généralement une à trois séances pour ressentir une différence notable. N’hésitez pas à vérifier que votre ostéopathe a l’habitude d’accompagner les femmes enceintes, chaque praticien ayant ses spécialités.
Face à ces douleurs, chaque grossesse trace un chemin unique. Parfois, il suffit d’un peu de patience et de quelques gestes bien choisis pour retrouver de l’aisance. D’autres fois, il faut chercher l’appui de professionnels formés. Une chose est sûre : écouter les signaux que le corps envoie reste la meilleure boussole pour avancer, pas à pas, vers l’apaisement.




